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6ème au petit matin

Spectaculaire remontée au classement de NF Habitat à l’occasion de nombreux petits coups bien dosés pendant le louvoyage nocturne le long de la côte sud anglaise.
La flotte a été malmenée pendant ces premières heures de course, et plusieurs abandons sont à déplorer. Corentin Douguet pointe lui  à la 6ème place, à un peu plus d’un mille du leader…
La flotte arrive au nord du DST (Dispositif de Séparation du Trafic), zone strictement interdite dans les règles de course. Pour ne pas la traverser les concurrents vont devoir multiplier les virements de bord. Une matinée qui s’annonce physique à souhait !

Départ de la Solitaire dans moins de deux semaines pour NF Habitat et Corentin Douguet

À moins de deux semaines du départ de la première étape de la Solitaire Urgo Le Figaro, Corentin Douguet fait le point. Il participera pour la neuvième fois à cette course, cette année sous les couleurs de NF habitat.
Le skipper nous raconte comment il aborde cette édition, quel sera le parcours et ce qui pourrait faire la différence pour lui permettre de figurer parmi les meilleurs…

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Les mots de l’arrivée

Après 18 jours, 18 heures et 43 minutes de mer, ce qu’on peut lire à St Barthélémy sur les visages des marins de NF Habitat, c’est l’émotion d’avoir réussi à aller au bout de cette course. Après avoir parcouru 4458 milles, il y a de la joie et aussi la déception d’une petite place manquante. Ils arrivent moins de 7 heures après le premier et 50 minutes après le cinquième.
A terre, c’est l’heure de refaire la coure. L’heure des si. Et si… et si ils n’avaient pas aussi bien persévéré, nous ne serions pas aussi touchés par leur parcours sur la Transat AG2R La Mondiale et le récit que Corentin Douguet et Christian Ponthieu nous en ont fait chaque jour !

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Arrivée de NF Habitat

Corentin Douguet et Christian Ponthieu ont finalement terminé 6ème de la TransatAG2R La Mondiale sur NF Habitat. Pour cette édition expresse, la plus rapide de l’histoire de la course les conditions ont été toniques de bout en bout… 

Corentin Douuet et Christian Ponthieu, a bord du Figaro NF Habitat, 6eme de la Transat AG2R La Mondiale 2018 en 18j, 18h, 43mn et 22 sec - Saint Barthelemy le 11/05/2018

Corentin Douuet et Christian Ponthieu, a bord du Figaro NF Habitat, 6eme de la Transat AG2R La Mondiale 2018 en 18j, 18h, 43mn et 22 sec - Saint Barthelemy le 11/05/2018

Photos © Alexis Courroux

10 mai – mot du bord : 100 milles

« Christian avait déjà constaté que passer sous la barre des 1000 milles était un cap psychologique important, alors 100 milles ! C’est la distance entre Lorient et les Sables d’Olonnes. On vient d’en parcourir environ 4000, alors 100, c’est une toute petite ballade. Mais il faut les faire proprement ces 100 milles, avec nos organismes fatigués et un bateau qui a été bien sollicité aussi. Il est là en fait le risque, prendre à la légère ces 100 derniers milles. On est d’accord, sur le papier la messe est dite. Il faudrait que jusqu’à l’arrivée on aille 1 noeud plus vite que Groupe Royer, ou qu’Armor Lux aille 1 noeud plus vite que nous, pour qu’il y ait un changement au classement. Mais on n’est plus en 1978, ce n’est pas Birch et son trimaran face à Malinovsky et son monocoque. Non, ce sont 3 binômes sur des monotypes, dans un Alizé bien établi. Donc pour générer de telles différences de vitesse, il faudrait que certains fassent de grosses bêtises. Et c’est valable aussi pour les quatre de devant, ou seul le nom du 3eme est encore incertain. Ça fait d’ailleurs un peu mal de voir nos compagnons canariens jouer le podium sans nous, mais c’était à nous d’être un peu meilleur. Bravo à eux.
J’avais dit que si on faisait dans les 5, ce serait une belle performance. Il va donc probablement nous manquer une heure pour atteindre cet objectif. Et je voulais aussi battre Thierry Chabagny, parce qu’on en a fait trois ensemble et que c’est la première fois qu’on était adversaires sur cette course, parce que c’est mon copain, et parce qu’il est tenant du titre, et ça c’est bien engagé !
Voilà, on va donc rester concentrés jusqu’au bout, continuer à enlever ces sargasses qui nous freinent et ne rien lâcher. Et dans une douzaine d’heures, nous reprendrons contact avec les bienfaits de la civilisation : la douche, les toilettes, le réfrigérateur, le sol qui ne bouge pas, un matelas, des légumes et des fruits frais, un ti punch, une bière (ce n’est pas forcément dans l’ordre !).
Ensuite on vous racontera tout. Enfin presque tout. Parce qu’une partie de ce qui se passe sur les bateaux, reste sur les bateaux. Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais c’est comme ça depuis que les humains naviguent je crois. »

9 mai – mot du bord : la guerre des sargasses

« Autant il subsiste toujours un doute sur le fait que la guerre de Troie ait bien eu lieu, autant il n’y en a aucun sur la guerre des sargasses. Ça se passe en ce moment sur l’Atlantique. Et ça commence vraiment à mes les b… menues de devoir passer la corde à noeuds et la canne à algue tous les quart d’heure.
Déjà j’aime pas la guerre, bien qu’on lui emprunte de temps à autre sa sémantique pour parler de sport, mais quand elle est perdue d’avance, c’est encore pire.
A part ça, la régate continue. Nous sommes en contact visuel avec Royer, bien qu’ils nous aient pris 3 milles cette nuit à la faveur d’un nuage. J’ai parlé avec Goose, que l’on surnomme aussi Alexis Loison, à la VHF pendant que nos coéquipiers respectifs dormaient, c’était sympa. Je lui ai demandé de réfléchir au concept du respect des ses ainés. On saura bientôt ce qu’il en pense, mais j’ai ma petite idée sur le sujet.
Il reste 375 milles à parcourir, avec 6 milles de retard sur Royer, et 12 d’avance sur Armor Lux, la bataille (vous voyez, j’en parlais au début) pour les places 5, 6 et 7 va être animée. Réponse vendredi matin.
Profitez bien des embouteillages, au moins c’est sans sargasses !! »
Co & Christian à bord de NF Habitat

6 mai – Mot du bord : Imagine Heloise

« Imagine, c’est l’institut des maladies génétiques, rattaché à l’hôpital Necker, dont nous portons les couleurs. Et Heloise, la nièce de Christian, est suivie là-bas. Il n’est connu que 3 autres cas similaires au sien dans le monde. Elle a 5 ans, elle ne parle ni ne marche, et est nourrie à l’aide d’une sonde. Elle était au départ, Heloise, et c’était chouette.
Au mois d’Avril, nous sommes allés visiter l’institut. Dire qu’on a été impressionnés est en-dessous de la vérité, mais là je n’ai pas d’autre mot. 900 personnes, médecins, chercheurs, personnel soignant, administratif, qui donnent tout ce qu’ils ont pour faire avancer la recherche sur les maladies génétiques. L’institut est unique en son genre puisqu’il regroupe malades, chercheurs et médecins dans un même lieu. Quand ils attaquent un dossier de recherche, ils ne savent pas si ça va prendre 1, 10 ou même 20 ans. Et peut-être qu’à la fin il faudra tout jeter. En termes de préparation mentale, ils doivent pouvoir nous en apprendre un rayon ces gens là.
Alors pour vous tous, nous on navigue le mieux possible. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ce qu’on sait faire le meiux. Alors si ça vous donne un peu d’air entre deux manipulations ou deux consultations. Si ça permet aux familles, le temps d’une vacation ou d’un classement, d’oublier un peu leurs souffrances quotidiennes, c’est déjà ça.
Nos petits problèmes de positionnement Nord/Sud, s’ils n’en sont pas moins réels, paraissent bien futiles au regard de ceux qui se posent à l’institut. Et notamment les problèmes financiers, car ça coûte cher la recherche, et souvent ça rapporte pas grand-chose. Si ce n’est des enfants qui guérissent, ou presque, et qui peuvent vivre normalement, eux et leurs familles. Alors oui, on IMAGINE qu’un jour Heloise guérira.
L’institut, bénéficie de fonds public, mais doit aussi faire appel aux dons pour continuer à avancer. Je finirai donc ici, comme ça m’arrive souvent, en citant Pierre Desproges (philosophe français de la fin du 20e siècle spécialisé en gaudriole radiophonique) : « quand on lèvera des impôts pour les mourants du monde, et qu’on fera la quête pour préparer les guerres, alors notre monde sera presque civilisé. » »
Corentin & Christian, à bord de NF Habitat, à environ 1000 milles de St Barth.