Bilan de la première étape : tout reste à jouer !

Les Figaros au passage du Fastnet lors de la 1ere etape de la Solitaire du Figaro - le 01/09/2020

Partis dimanche dernier de Saint Quay pour aller virer le Fastnet et revenir au port breton, les 35 concurrents de la Solitaire du Figaro nous ont fait vivre une longue étape complète : un départ rock’n roll, une remontée de la Manche sans puis avec du vent, un retour express d’Irlande et un finish groupé.Corentin Douguet a été dans le trio de tête jusqu’au phare irlandais malgré quelques problèmes de dos. Le retour vers les côtes bretonnes a été plus fastidieux. Pour autant NF Habitat termine 8ème de l’étape à 19 minutes du vainqueur. Autant dire que tout reste à jouer…
Une étape à revivre avec les mots de Corentin, presque reposé la veille d’un nouveau départ, vers Dunkerque cette fois.

Encore une étape de Solitaire dingue comme on les aime. Corentin, racontes nous (à lire en regardant un replay de la cartographie) !
« J’ai pris plutôt un bon départ, j’ai passé la première bouée dans les cinq premiers. On est partis dans du tout petit temps dans la Manche où le dosage n’est jamais simple. La flotte a explosé assez vite, avec des bateaux partout sur le plan d’eau. Le lendemain du départ je n’avais en visuel que huit ou neuf bateaux. Et ça c’est rare sur la Solitaire, en général après vingt-quatre heures de course on est encore tous ensemble ! Certains sont partis vers le nord très tôt, pour moi c’était trop tôt. Au final je suis resté sur une route assez centrée qui s’est révélée être plutôt la bonne. Je me suis retrouvé deuxième derrière Xavier (Macaire) au DST des Scillys avec un peu d’avance sur les poursuivants. Sur la remontée vers l’Irlande on a vu Armel (Le CLeac’h) et Fred (Duthil) ressortir de leur option nord – pas si mal au final car ils avaient un meilleur angle que nous. Notre erreur a été après le DST de ne pas être allés un peu plus nord. Mais avec les infos météo qu’on avait c’était compliqué de le faire aussi loin de la marque. On a fait toute la montée quasiment sur un seul bord dans des conditions plutôt tranquilles. Après le Fastnet, sur la descente, je n’ai pas été bon, je n’avais pas la vitesse et en plus j’étais un peu gêné par mon mal de dos… bref je n’ai pas trouvé la solution et au final j’ai perdu plusieurs milles sans trouver de solution pour y remédier. Ce n’est pas plaisant à vivre d’aller moins vite que les autres sur un long bord comme ca et je me suis dit que ca allait être compliqué de sauver les meubles. Mais au final les conditions ont fait qu’il y avait plus de vent derrière et qu’on arrivait dans le petit temps. Du coup la flotte s’est tassée très fort sur la fin. Heureusement pour moi ! Je n’ai pas trop mal navigué sur le dernier petit bord et on avait du courant avec nous pour arriver. Finalement je n’ai pris que 19 minutes de retard sur Xavier, le premier. Je pense qu’en temps c’est à peu près l’écart qui me sépare de lui au Fastnet. »

Tu parles de mal de dos et de difficulté à barrer qui t’ont obligé à naviguer différemment. Qu’en est-il ?
« J’ai une douleur au dos qui s’est réveillée quelques jours avant le départ. J’appréhendais que la douleur ne soit pas gérable sur l’ensemble de l’étape. Au final ça a été. Je n’ai pas pu barrer autant que je voulais… mais maintenant que j’ai réussi à finir cette étape, je pars en me disant que je vais pouvoir aller au bout des autres sans trop de problème, et ça me libère l’esprit. Du coup, quand tu es un peu bloqué, il faut naviguer autrement. Tu barres moins, tu mets le pilote, tu règles les voiles (le pilote ne fait pas ça pour toi), tu réfléchis plus profondément à la stratégie. L’avantage du pilote c’est qu’il ne se déconcentre jamais. Mais les conditions où le pilote va mieux que les bonhommes c’est dans le médium avec peu de clapot, ce qui n’était pas vraiment le cas. A ce moment-là, ça fonctionne si tu règles souvent le pilote et les voiles. Je n’avais donc pas forcement plus de temps pour faire autre chose que d’essayer de faire avancer le bateau ! Globalement, côté vitesse, il faut que je trouve les solutions pour aller un peu plus vite à certaines allures, notamment au reaching un peu appuyé tel qu’on en a eu au retour du Fastnet. »

Tu fais premier « vieux » comme tu aimes dire ! Et surtout au classement tous âges tout reste à jouer !
« C’est bien, ça ! (rires) On est nombreux dans un mouchoir de poche, même si Xavier a fait une étape vraiment costaud cela reste une course longue et pleine de pièges. Tout reste jouable pour la suite vu la complexité du parcours. En une demi heure on est dix-neuf concurrents. Quand tu sais que Gildas Mahé a fait deuxième l’année dernière alors qu’il avait douze heures de retard sur la première étape… »

Le mot de la fin ce sera pour la deuxième étape : que peux tu nous en dire à vingt-quatre heures du départ ?
« Comme les conditions météo vont être plutôt légères, le parcours initial pour aller à Dunkerque a été réduit. On part avec un peu de vent de secteur ouest/nord-ouest pour aller virer le phare de Eddystone dans le sud-ouest de l’Angleterre. La traversée de la Manche s’annonce un peu tordue et globalement au près. A l’approche des cotes anglaises ca pourrait mollir complètement dans la nuit de dimanche. Les écarts pourraient se générer là… En fonction de la manière dont le vent s’établira à l’ouest dans la journée de lundi. On sortira les spis, dans 15/20 noeuds que l’on devrait garder jusqu’à l’arrivée à Dunkerque. On devrait avoir une arrivée dans la nuit de mardi à mercredi. Une étape plutôt adaptée à un mec qui a mal au dos ! 

Author: Corentin-admin

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