Cinquième à Kinsale !

Les Figaros l arrivee lors de la 1ere étape de la Solitaire Urgo Le Figaro 2019 - Kinsale le 06/06/2019

« C’est comme si j’avais battu Federer, Nadal et Djoko ! »

Corentin Douguet a franchi en 5ème position hier soir la ligne d’arrivée de la première étape de la Solitaire URGO Le Figaro, 11 minutes après le vainqueur Yoann Richomme, après plus de quatre jours de course à rebondissements. Une première étape d’anthologie qui offre au skipper de NF Habitat une belle place pour la suite de la course. Les écarts au temps derrière importants et cette belle navigation au contact aux avants postes sont autant d’atouts pour attaquer dans de bonnes conditions la deuxième étape qui partira dimanche après midi vers Roscoff.

Retour sur cette entrée en matière spectaculaire avec Corentin, à la tête froide mais assez bavard !

Tes sentiments à l’arrivée hier ?
« J’étais forcement content. Vu le niveau qu’il y a sur cette course, valider un top 5 sur cette étape c’est un sacré résultat. Je suis devant Peyron, Desjoyeaux, Le Cleac’h, Gautier, Elies et Beyou. C’est comme si j’avais battu Federer, Nadal et Djoko en même temps ! Cette étape était une étape de dingue. »

Tu as eu le temps d’analyser ce qui s’est passé ces quatre derniers jours ?

« Hier soir quand on a diné, on s’est raconté notre régate avec les autres skippers. Et selon par où l’on était passés, on n’a pas vécu la même course ! Les trajectoires étaient tellement différentes. Ce n’est pas une Solitaire comme on a l’habitude de voir, avec des bateaux qui se suivent… il y avait du monde dans tous les coins !
Il faut savoir que sur l’eau, très vite on perd le contact avec les autres bateaux. Et quand on a un classement à la VHF, on n’a que une distance au but, pas les positions des concurrents. Donc on ne sait pas où ils se trouvent. Cela faisait des classements très hétéroclites, avec ces conditions étonnantes, variées sur le plan d’eau et pas conformes aux prévisions.
 Du coup il a fallu s’adapter et rebondir. Quand on s’est retrouvés avec Yoann (Richomme) sous la côte sauvage de Belle Ile, empétolés, avec trente milles de retard sur le premier qui était passé par la route des plages, on était un peu au fond du gouffre. Et puis, finalement, on est tous plus ou moins arrivés à la pointe de Bretagne au même moment. C’est reparti de là, avec une flotte compacte et des infos météo que l’on ne pouvait pas considérer bonnes.
 Avec le peu d’informations météo que j’avais à bord je n’ai pas réussi à définir comment se passerait l’approche de l’Irlande mais j’ai pu décider qu’il n’y avait pas de raison de virer de bord pour aller dans l’ouest. Et ça c’était la bonne décision.
 Après, dans ce groupe avec lequel j’ai continué, ça s’est joué sur les détails. »

Finalement tu as tenu la cadence…
« Oui. Il fallait. J’avais fait un bon début d’étape jusque à l’Ile d’yeu où j’étais troisième. Entre troisième à ce moment-là et fond du car à Belle Ile c’était dur. De Belle Ile à la pointe de Bretagne, la météo n’était pas celle prévue… Je suis passé par tous les états, mais quand la flotte s’est resserrée, j’ai réussi à garder le fil de l’histoire. Ensuite j’étais plutôt dans le bon tempo. Et pour les quatre places devant, j’ai clairement senti que je les payais des petites erreurs de début de course. »

Avec ta cinquième place, quel est ton regard sur la suite de la course ?
« Pour l’instant ça n’impacte rien, il reste trois étapes et du beau monde il y en a partout. Tu peux te trouver n’importe où sur le plan d’eau, il y a toujours à côté de toi un coureur avec un gros palmares. Plus que jamais il faut naviguer comme on le sent. C’est sûr que cette étape là va peser lourd dans les comptes finaux car il y a déjà de gros écarts – le treizième a déjà plus d’une heure de retard et certains sont au-delà de huit heures – mais ce ne sera peut être pas la seule… Il faut prendre chaque étape comme elle vient, essayer de faire du mieux possible et voir comment ça se passe. »

Author: Corentin-admin

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