Retour de Corentin sur la deuxième étape

Corentin Douguet (NF Habitat) lors de la 2eme etape de la Solitaire URGO Le Figaro 2018 entre Saint Brieuc et Ria de Muros - Saint Brieuc le 04/09/2018

Arrivé en dixième position de la deuxième étape au coeur de la nuit, cinquante-deux minutes après le vainqueur, Corentin Douguet place NF Habitat en neuvième position au classement général de la Solitaire URGO le Figaro. 
Après quelques heures de sommeil, le skipper revient sur cette étape, qui a encore été sacrément éprouvante pour ses nerfs, mais laisse le jeu ouvert pour la suite de la course puisqu’il n’a eu au final que une heure et deux minutes de retard sur le leader au général.

Si tu devais nous résumer cette deuxième étape de la Solitaire ?
« J’ai pris un départ correct mais le premier bord était moyen. J’ai passé la bouée Radio France dans les quinze premiers. Après les Héaux de Bréhat le vent a commencé à faiblir, chacun y est allé de ses convictions en terme de route. Dans la nuit, je suis un de ceux qui sont partis le plus au large. C’était plutôt une bonne idée. Mais alors que j’étais septième, les ennuis ont commencé avec un énorme paquet d’algues que je n’ai pas réussi à éviter, ni enlever. Je ne voulais pas me baigner dans l’obscurité… et j’ai passé la nuit à regarder les autres bateaux me doubler en luttant pour m’en défaire. Quand j’ai enfin réussi à détacher ce paquet, je pointais en vingt-huitième position. C’était un moment désagréable à vivre car je savais que c’était une étape où, plus tu étais devant, plus ça partirait vite après la pointe de Bretagne. Avant le Four j’ai fait un coup correct en passant à l’intérieur, au plus près des cailloux, mais je n’étais pas le seul – c’est très joli c’est endroit et  on n’a pas souvent l’occasion de passer là car il y a souvent des marques de parcours, mais cette fois-ci la route était libre…
La flotte s’est ensuite scindée en deux groupes. En prenant le passage au sud de Quemenes, sous Ouessant, on a eu plus de vent que l’autre groupe. Je me suis retrouvé à la fin de ce groupe, en quinzième place. Sur la traversée du Golfe de Gascogne, même si on allait plutôt vite et que j’ai réussi à doubler certains concurrents, il ne s’est pas passé grand chose.
C’est au moment de l’atterrissage sur l’Espagne où il y avait des orages que les classements ont un peu bougé pour moi… J’ai pris pendant une demie heure du vent plus faible qui m’a fait perdre du terrain. Puis entre le cap Finisterre et l’arrivée, alors qu’il y avait encore du boulot avec des changements de voile, du vent oscillant entre cinq et vingt-cinq noeuds en quelques mètres, j’ai repassé trois ou quatre bateaux pour finir dixième. Je me suis trouvé assez pêchu sur cette partie, malgré tout ce que j’avais déjà donné jusque là. »

Ton regard sur cette dixième place ?
« C’est correct au regard de l’ensemble des éléments, et de mon manque de réussite avec les algues. On en prend tous, des algues, dans ces coins là. Mais je n’en avais jamais pris autant… et c’était vraiment à chaque fois à des moments clefs. On sait que les courses sont souvent plus simples à gérer quand on est dans le groupe de tête. Or, c’est alors que j’étais dans le groupe de tête que j’ai perdu le contact à cause de ces maudites algues…
C’est extrêmement contrariant, pour le dire élégamment. En fait, j’aimerais bien pouvoir faire une étape juste normale, sans fait de course de ce genre là. Car je pense que je suis à peu près dans le coup. Certes il y a deux ou trois coureurs qui vont très vite tout le temps, mais eux non plus n’ont pas que des parcours parfaits…
Là ca fait deux fois que je laisse filer la tête de flotte avec non pas des algues mais des « ours » dans la quille. Deux fois que je finis un peu derrière, pas avec des écarts énormes, mais qui se cumulent… Il faudrait que la tendance s’inverse, et j’espère bien que ce manque de réussite va cesser. En tout cas j’y crois ! »

Tu es tout de même neuvième au général après deux étapes, à 1h02 du leader…
« On dit souvent qu’en Figaro, il ne faut pas être à plus d’une heure. Je suis à 1h02… Finalement il ne manque que deux minutes pour être considéré encore comme potentiel vainqueur.
Il y a encore plus de 600 milles de course qui nous attendent ! Et j’ai ouï dire que la prochaine étape vers Saint Gilles Croix de Vie pourrait se dérouler avec une dorsale au milieu du chemin. Qui dit dorsale dans le Golfe de Gascogne dit souvent gros écarts potentiels… ce sera peut-être cette étape-là qui sera finalement le juge de paix. En tous cas il reste une étape et demi (pour moi la dernière pourra difficilement générer énormément d’écart eut égard à sa longueur) et avec NF Habitat, on va les faire à fond ! »

image © Alexis Courcoux

Author: Corentin-admin

Leave a Comment