Une deuxième étape au portant

Corentin Douguet (NF Habitat) en tete au passage du phare de Wolf Rock lors de la 1ere etape de la Solitaire URGO Le Figaro le 28/08/2018

Après trois jours de halte à Saint Brieuc, les concurrents de la Solitaire URGO Le Figaro reprennent le large vers la Ria de Muros en Espagne. Le coup d’envoi de cette deuxième étape sera donné à 14 heures.
Corentin Douguet a optimisé les moments passés à terre pour récupérer au mieux tout en se préparant pour cette traversée du golfe de Gascogne longue de 520 milles. Une étape qui se fera essentiellement au portant avec un vent ni très fort ni très faible, mais qui ne s’annonce tout de même pas si simple…

Revue de détail avec le skipper de NF Habitat.

Comment t’es tu préparé pour cette deuxième étape ?
J’ai essayé de me reposer au maximum car l’étape d’avant a été bien costaud pour l’organisme. Celle qui vient s’annonce un peu moins violente pour les marins car on sera beaucoup au portant, des conditions plus agréables où le bateau est plus souvent à plat, où la vie à bord est plus facile. 

A priori il n’y aura pas beaucoup de vent fort. D’après les informations que l’on a aujourd’hui, on ne devrait pas avoir plus de trente noeuds. Et encore, le vent ne va forcir que sur la deuxième partie de course. Globalement on n’aura donc pas de très gros temps… ni de tout petit temps – et c’est tout de même cela qui est le plus dur pour les nerfs. Ce sera peut-être un peu mou au début, mais ce sera le début et donc on sera frais. Et à l’arrivée sous le vent des reliefs, il faudra de nouveau s’attendre à du vent faible, mais ce sera la fin et on sera alors dans une autre dynamique…
Je pars donc avec un bateau léger : en dehors du matériel obligatoire, j’ai essayé d’enlever le maximum de choses du bateau qui ne me semblaient pas indispensables. J’ai moins de vêtements par exemple que sur la première étape. Mais j’ai quand même pris à manger et à boire !

Une configuration qui ne ressemble en rien à celle de la première étape, donc. Quels seront les passages clefs de cette étape ?
Le premier passage clef se fera au niveau de Bréhat, quelques heures après le départ. On va arriver avec un très fort courant face à nous et très peu de vent. Après, tout le long de la côte bretonne, il y aura également pas mal de pièges à éviter, pour ces mêmes raisons. Il n’y a pas de marque de parcours au niveau de la pointe de Bretagne et donc on pourra passer où l’on veut autour de la chaussée de Ouessant. Une fois que l’on sera sortis de cette zone, on verra comment est répartie la flotte et si des écarts se sont créés. Ensuite y aura des glissades sous spi jusqu’au Cap Finisterre, mais ce ne sera pas non plus parfaitement fluide : le vent oscillera, il faudra être sur les réglages, la conduite et bien gérer les phénomènes d’accélération de vent aux abords de l’Espagne… La flotte pourra s’étirer un peu car ceux de devant auront plus de vent. Mais elle pourrait bien se regrouper dans la baie de Muros. Tout cela est évidemment au conditionnel.

Comment tu vois cette étape pour toi ?
Si je suis devant, j’espère qu’il y aura des écarts !
Mon objectif reste de naviguer le mieux possible, et si possible mieux que les autres. Là je n’ai certes que que treize minutes d’écart avec le premier, mais maintenant ces minutes il va falloir les reprendre plutôt que les donner.

Author: Corentin-admin

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