Bilan de la première étape

mercredi 29 aout 2018, La Solitaire Urgo Le Figaro 2018, Saint-Brieuc, arrivée de la première étape, 13ème, DOUGUET Corentin, NF HABITAT

Après avoir couru une partie de la première étape de la Solitaire URGO le Figaro en tête, Corentin Douguet a fini à la treizième position à seulement treize minutes du leader. Un résultat frustrant au regard de la course réalisée mais sans impact majeur pour le reste de l’épreuve.

Le skipper reste positif, le bateau est déjà prêt à attaquer la suite. Tout reste à jouer sur les trois prochaines étapes, qui vont se nourrir des bonnes phases acquises sur la première.
Entretien avec un marin fatigué mais serein…

Cette étape a été aussi complexe que ce que tu nous l’avais annoncé. Tu arriverais à nous faire ton résumé ?

« Dimanche, on a eu un départ en fanfare dans des conditions aussi musclées que prévues avec des pointes à 40/42 nœuds. J’ai fait des surfs à au moins vingt noeuds, peut-être un peu plus. C’était une entrée en matière très engagée mais qui heureusement n’a pas été très longue et a lieu alors que l’on était encore frais physiquement. C’était plutôt assez fun mais quand tu sais que derrière il y a une étape complète à gérer ce n’est pas pareil. Mon écoute de spi a rendu l’âme avant d’arriver à la bouée, du coup j’ai dû affaler un peu plus tôt que prévu.
Après la marque de parcours près des côtes anglaises, à la tombée de la nuit, j’ai déralingué le foc (ndlr : le foc est sorti de son logement). J’ai perdu du terrain et pas mal d’énergie même si j’ai réussi à régler le problème rapidement. On a continué avec du près dans du vent très fort pour aller jusqu’à l’île de Wight où il a ensuite baissé. On a multiplié les virements de bord pour s’abriter du courant et on a enchainé un grand louvoyage jusqu’à Start Point après Sainte Catherine.

Lundi matin j’avais réussi petit à petit à remonter jusqu’à la sixième place, en restant plus à l’extérieur où le courant était plus fort. Il y avait déjà un peu d’écart entre les bateaux. Je n’étais pas très loin des leaders. Après Start Point, dans la soirée de lundi, je me suis décalé un peu. Je n’ai pas eu le sentiment de faire un gros coup en rentrant dans la baie de Plymouth. J’ai insisté un peu en attendant que le vent tourne, et l’écart s’est creusé… J’ai viré quand le vent que j’espérais est arrivé et je suis parti sur un (très) bon bord. Je pouvais encore voir un ou deux bateaux à l’AIS (les autres étaient trop loin), ce qui m’a permis de conforter mon choix. J’étais content mais je ne me suis pas enflammé pas car je sais que quand tu as de l’écart en latéral avec les bateaux, rien n’est acté tant que tu n’as pas croisé le chemin des concurrents ou contourné la marque suivante.

Après, à Lizard, mardi matin, quand le vent est complètement tombé, je n’ai pas mouillé. Car, d’une part c’est compliqué par 80 mètres de fond, et d’autre part il y avait des petites risées par moment et j’arrivais à avancer un peu. Tant que je ne reculais pas trop je préférais faire des ronds sur moi-même. J’ai quand même réussi à ressortir devant.
Mardi soir, à quelques milles de Wolf Rock, j’étais en tête, talonné par Seb Simon, et nous avions creusé l’écart sur le reste des concurrents. Mais quand on est arrivé à Wolf Rock, il n’y a plus rien eu pendant une petite heure, juste le temps que la flotte se regroupe. J’ai eu le temps d’observer les phoques qui tournaient autour, je me suis approché dangereusement du phare… Ce n’était pas vraiment comme cela que j’imaginais ce passage.
On a fini par repartir avec Seb, toujours en tête tous les deux. Sur la traversée de la Manche il y a encore eu des trous de vent. Globalement les bateaux se sont regroupés car ceux de derrière allaient toujours plus vite.

Mercredi matin, une fois la manche retraversée, on était comme sur un départ à l’anglaise à Portsall, tous sur la même ligne au portant.
On a mis le cap sur Saint Brieuc en tirant des bords sous spi dans les cailloux. Avec un petit groupe (Anthony, Thierry, Seb et Charlie), on s’est échappé. Après ce nouveau départ j’étais donc encore dans le bon paquet quand on voit le résultat final ! Sauf que là j’ai pris une longue algue. J’ai d’abord perdu un peu de terrain sans comprendre. Puis après l’avoir vu, j’ai tenté de l’enlever avec la corde à nœuds puis en faisant une marche arrière en affalant le spi. Comme cela n’a pas marché, j’ai dû aller nager sous le bateau. Je n’avais pas de combinaison et la sangle de mon masque s’est cassée. Entre le stress de plonger sous le bateau en solitaire et le froid de l’immersion, j’ai perdu pas mal d’énergie. Le vent est rentré peu après ma baignade et j’ai perdu des places un peu « bêtement ». J’ai pris beaucoup beaucoup d’algues. Clairement j’étais moins à l’aise sur cette fin d’étape… »

 

Peux-tu faire un rapide bilan matériel et humain ?

« Le bateau a connu quelques petites casses que Donatien a déjà résolues. Pour le bonhomme il y a beaucoup de fatigue, c’était une étape où j’ai eu très peu de moments pour dormir. J’ai dû dormir entre trois et quatre heures en tout.
Cette fin d’étape m’a contrarié sur ce manque de vitesse au largue sous spi. Je n’arrivais pas à doubler de bateaux, alors que jusqu’à Portsall j’étais content de ce que j’avais fait à tous les niveaux : stratégie, vitesse, état d’esprit… Les dernières heures ne sont pas à oublier mais à expliquer.
Il faut que je me souvienne du bon, que je me suis décalé quand je le voulais et que cela a marché. Est ce que l’on pourra le reproduire sur les trois autres étapes, je ne sais pas… mais il faut le garder en tête !
Je reste positif. J’aurais préféré avoir treize minutes d’avance que de retard mais il reste tellement d’heures à passer sur l’eau. Au final ce n’est pas grave mais c’est frustrant de ne pas finir dans le top cinq vu l’étape que j’ai faite. Pour le moment je travaille sur ma récupération… qui sera expresse mais aussi courte pour tout le monde ! Le départ de la prochaine étape vers l’Espagne aura lieu – déjà – dimanche… »

Author: Corentin-admin

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