Départ de la Solitaire dans moins de deux semaines pour NF Habitat et Corentin Douguet

LorientSUF5

À moins de deux semaines du départ de la première étape de la Solitaire Urgo Le Figaro, Corentin Douguet fait le point. Il participera pour la neuvième fois à cette course, cette année sous les couleurs de NF habitat.
Le skipper nous raconte comment il aborde cette édition, quel sera le parcours et ce qui pourrait faire la différence pour lui permettre de figurer parmi les meilleurs…

C’est ta neuvième solitaire. Cela représente quoi pour toi ? Comment abordes-tu cette course ?
Cela reste une des courses les plus dures en solitaire, tant par la multiplicité des étapes que le très haut niveau de jeu. Cette année, j’ai moins navigué en Figaro que d’autres. Je n’ai pas enchaîné les épreuve et cela me permet d’être frais. J’ai tout de même fait plusieurs stages, dont un avec Nicolas Lunven, vainqueur l’an dernier de La Solitaire URGO Le Figaro. Et j’étais encore sur l’eau la semaine dernière avec le Pôle Finistère Course au Large pour me confronter aux trois favoris… ça s’est bien passé !

On pourrait arguer que d’avoir navigué moins en régate fait de toi un solitaire moins bien préparé ?
Peut-être, mais quand c’est ta neuvieme solitaire sur le même support, le fond de jeu est toujours là. Entre la Transat AG2R La Mondiale et les stages, j’ai suffisamment navigué cette année pour avoir des repères sur le bateau. J’ai aussi régaté sur d’autres supports. J’ai donc cherché à peaufiner les détails autrement.

Le bateau est très bien préparé par Donation Carme. Et Christian Ponthieu est aussi venu me filer un coup de main. J’ai travaillé la partie navigation bien en amont. En ce qui concerne la stratégie, en plus de l’équipe du pôle Finistère course au large j’aurai un conseiller spécial…
Je suis frais et en confiance. Et j’espère que ce staff de grande qualité et une préparation physique conséquente m’apporteront le petit plus qui fera la différence.

Tu as donc le nez déjà plongé dans l’ordinateur pour travailler sur les parcours proposés. Peux-tu nous raconter comment va être – en théorie tout du moins-  cette Solitaire ?
La première étape entre Le Havre et Saint-Brieuc va être très « côtière ». On naviguera dans la manche avec beaucoup de courant et de trafic. On sera presque tout le temps près des côtes ce qui fait que, soit par les effets thermiques, soit par les effets de site, le vent pourra varier beaucoup. Il y aura probablement de nombreux coups à faire et peu de moments pour se reposer. Ce sera une entrée en matière potentiellement difficile avec une arrivée dans un endroit où il y a aussi beaucoup de courants. Si le vent est faible cela peut vite créer des écarts.

Sur la deuxième étape on commencera par la côte nord de la Bretagne pour enchaîner par le passage de la pointe bretonne, qui sont des zones assez techniques. Mais comme ce sera en début d’étape, on pourra mieux prévoir ce qui va se passer. Après il y aura une traversée du Golfe de Gascogne. Ce sera le premier vrai moment de large de la course. Théoriquement on sera dans des conditions plus régulières, moins soumis aux courants et perturbations de la côte. Mais on devrait être servis à l’arrivée sur les côtes de Galice où il y a beaucoup de relief avec des effets de site important. Portosin se situe au fond de la ria de Muros et, selon le secteur de vent, les derniers milles pour aller du Cap Finisterre à l’arrivée peuvent être très très longs.
Le départ de la troisième étape posera de nouveau des problèmes de vent lié au relief. Il y aura ensuite la traversée retour du golfe de Gascogne avant d’arriver sur l’Estuaire de la Loire pour une dernière section de parcours le long des côtes vendéennes assez technique jusqu’à Saint Gilles Croix de vie.
La dernière étape est un sprint de 24 heures qui nous fera faire le tour de l’île de Ré. Ce n’est jamais simple comme exercice car il y a du courant dans les Perthuis. Pour couronner le tout on n’aura eu que deux nuits à terre avant de repartir sur cette étape où il faudra éviter d’aller dormir pour ne pas prendre le risque de ne pas se réveiller. Car en fin de Solitaire, après trois étapes de quatre jours, les organismes seront fatigués !

Author: Corentin-admin

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