10 mai – mot du bord : 100 milles

Corentin Douguet et Christion Ponthieu a bord du Figaro NF Habitat - Transat AG2R La Mondiale 2018 - Concarneau le 15/04/2018

« Christian avait déjà constaté que passer sous la barre des 1000 milles était un cap psychologique important, alors 100 milles ! C’est la distance entre Lorient et les Sables d’Olonnes. On vient d’en parcourir environ 4000, alors 100, c’est une toute petite ballade. Mais il faut les faire proprement ces 100 milles, avec nos organismes fatigués et un bateau qui a été bien sollicité aussi. Il est là en fait le risque, prendre à la légère ces 100 derniers milles. On est d’accord, sur le papier la messe est dite. Il faudrait que jusqu’à l’arrivée on aille 1 noeud plus vite que Groupe Royer, ou qu’Armor Lux aille 1 noeud plus vite que nous, pour qu’il y ait un changement au classement. Mais on n’est plus en 1978, ce n’est pas Birch et son trimaran face à Malinovsky et son monocoque. Non, ce sont 3 binômes sur des monotypes, dans un Alizé bien établi. Donc pour générer de telles différences de vitesse, il faudrait que certains fassent de grosses bêtises. Et c’est valable aussi pour les quatre de devant, ou seul le nom du 3eme est encore incertain. Ça fait d’ailleurs un peu mal de voir nos compagnons canariens jouer le podium sans nous, mais c’était à nous d’être un peu meilleur. Bravo à eux.
J’avais dit que si on faisait dans les 5, ce serait une belle performance. Il va donc probablement nous manquer une heure pour atteindre cet objectif. Et je voulais aussi battre Thierry Chabagny, parce qu’on en a fait trois ensemble et que c’est la première fois qu’on était adversaires sur cette course, parce que c’est mon copain, et parce qu’il est tenant du titre, et ça c’est bien engagé !
Voilà, on va donc rester concentrés jusqu’au bout, continuer à enlever ces sargasses qui nous freinent et ne rien lâcher. Et dans une douzaine d’heures, nous reprendrons contact avec les bienfaits de la civilisation : la douche, les toilettes, le réfrigérateur, le sol qui ne bouge pas, un matelas, des légumes et des fruits frais, un ti punch, une bière (ce n’est pas forcément dans l’ordre !).
Ensuite on vous racontera tout. Enfin presque tout. Parce qu’une partie de ce qui se passe sur les bateaux, reste sur les bateaux. Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais c’est comme ça depuis que les humains naviguent je crois. »

Author: Corentin-admin

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