Simon Troel : content d’avoir été dans le coup !

La Solitaire Urgo Le Figaro 2017 - Bordeaux le 04/06/2017

Simon est arrivé la nuit dernière 19ème de la deuxième étape de la Solitaire Urgo le Figaro entre Gijon et Concarneau à bord de NF Habitat. Un chiffre qui ne révèle pas la course qu ‘il a réalisé en étant dans le top ten du début à quelques heures de l’arrivée…
Une arrivée qui s’est faite dans des petits airs aléatoires : tombé dans un trou de vent, il a perdu quelques places sur une toute fin de course frustrante.
Pour autant Simon est très content d’avoir tenu la cadence des meilleurs tout du long. Il a enfin réussi à (se) prouver qu’il était capable de le faire… et compte bien le montrer en termes de résultat sur les deux étapes à venir.
Il a très peu de temps pour se reposer car le départ de la troisième étape, qui sera une grande boucle entre Concarneau et Concarneau sera donné demain midi. Une petite étape de 24h où Simon, tentera de confirmer sa belle étape.

Entretien avec un skipper heureux, fatigué, ayant dépassé sa frustration pour se concentrer déjà sur l’étape d’après.

Si on refait le film de l’étape tu as été dans le top ten tout du long, sauf dans les derniers milles. Quelles sont tes impressions sur ta navigation ?
 J’ai réussi à me remobiliser après une première étape pas terrible et à faire une très belle étape. Je savais que j’étais capable de naviguer devant et j’ai réussi à me le prouver. Certes ce n’est pas écrit sur le papier car j’ai beaucoup perdu sur la fin, mais ce n’est pas aujourd’hui le plus important et il reste encore deux étapes pour l’écrire. D’autant que cette étape n’a pas généré d’écart…
Hier en arrivant j’étais juste très déçu de ne pas le prouver concrètement… mais cela ne change rien. Avant le départ je disais que j’avais tout en moi et qu’il fallait juste le mettre dans l’ordre. Là je l’ai mis dans l’ordre, maintenant il faut le reproduire.
Il y a eu des petits moments où j’allais un peu moins vite. Quand tu vas dormir quand tu n’es pas parfaitement réglé, tu prends 0,3 milles. Tu réaccroches, tu regagnes..Devant cela navigue parfaitement bien ! Stratégiquement je n’ai pas raté grand chose. Il me manque de l ‘endurance et du métier. Je n’ai pas de problème de vitesse pure, quand je suis dessus je vais aussi vite que les autres. C’est plus une question de gestion du bonhomme. Cela se met en place. Il ne manque pas grand chose et c’est plus qu’encourageant.

Peux tu nous raconter comment en quelques heures tu as pu perdre autant de places sur la fin ?
Alors que nous chassions le groupe des 8 premiers, nous avons tenté avec quelques autres bateaux une option à la côte. Dommage, cela a molli et le petit groupe derrière s’en est rendu compte à temps et a évité de venir dans le dévent avec nous. Nous on était « collés », on n’avancait presque plus tout en continuant à batailler et à faire des empannages sous spi…
Mais dans la manière, je préfère faire 19ème de cette manière, plutôt que comme d’autres qui sont devant et ont m’ont dépassé sur la fin. Je peux évidemment faire mieux car je n’ai pas gagné, mais au moins j’ai été dans le coup. En principe, il faut juste me remettre dans le même état psychologique pour refaire la même chose… en mieux ! Avant la fin du Figaro je vais y arriver.

Restons dans le positif, et racontes-nous un beau moment de cette course?
La première nuit avec Sebastien Simon, on a réussi à partir devant tout le monde, à prendre toutes les bascules de vent à l’endroit. Et par conséquent, le premier matin c’était un grand moment de bonheur d’entendre le classement, de voir les écarts générés, et d’être 5 ou 6ème. Le premier obstacle était franchi…. même s’il en restait plein ! Globalement, je suis ravi de ma course sauf les deux derniers milles qui sont un peu dur à avaler. Mais je ne vais pas refaire la course, je n’ai pas le temps ni l’envie. Il faut aller de l’avant et regarder la suite.

La suite c’est demain midi pour un sprint de 24h. En gros c’est maintenant que ca se passe ?
On n’a pas le temps de ressasser. Il faut juste s’y remettre, regarder la météo de près et être prêts à repartir demain. Même si j’ai un peu dormi sur l’étape, j’étais bien cramé à l’arrivée. La quatrième nuit a tapé vraiment fort dans les réserves. Il va falloir bien dormir ce soir pour repartir le couteau entre les dents sur la prochaine manche.
Côté météo ce qui se dessine pour l’instant c’est que l’on va aller jusqu’aux Glénans au près ou au reaching. Ensuite on fera un grand bord de vent arrière sous spi pour arriver à la Bouée Sud Guérande en milieu de nuit, avant de remonter au près et au travers pour ressortir de la baie de Quiberon dans du vent de Nord mollissant. De la Teignouse à l’arrivée, le vent de Nord devrait laisser place à de la brise thermique de Sud-Ouest dans l’après-midi. En fonction du timing, ce dernier grand bord pourrait être complexe, la transition entre le vent de nord et la brise n’étant pas toujours limpide. Bref, il faudra se redire encore que comme c’est le Figaro, ce n’est jamais fini et que jusqu’au bout il peut se passer tellement de choses… C’est pour cela que l’on vient d’ailleurs !

Author: Corentin-admin

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