« Il y avait plus d’écart dans le Raz de Sein qu’à l’arrivée à Horta »

W_fvm_8793

Ce n’était pas une étape de la finale du Championnat de France de Course au Large en Solitaire pour rien. Sur la Douarnenez Horta Solo, le podium s’est joué à 1 minute 30 après 1200 milles de course. Arrivé hier soir en quatrième position après une spectaculaire remontée depuis la huitième place, Corentin Douguet, nous raconte cette étape au finish époustouflant sur Sofinther – Un Maillot pour la Vie.

Avant de revenir sur ton arrivée au coude à coude aux côtés de Sebastien Simon, raconte nous cette régate… en trois temps : la descente le long des côtes portugaises, le temps des décalages latéraux puis le regroupement ?
Chaque segment faisait à peu près la longueur d’une étape sur Solitaire. Ce qui fait d’entrée de jeu trois étapes à suivre sans s’arrêter.
Le point clef sur la descente jusqu’au sud du portugal a été la nuit avec du vent fort sous spi : 36 nœuds, nuit noire… cela a fait le tri entre les gens qui ont un peu d’expérience de ces conditions et ceux qui en ont moins. La flotte a explosé à ce moment là avec devant un groupe de huit bateaux entre lesquels l’étape s’est jouée.
Ensuite, lorsque l’on a passé le dernier waypoint au large du Cap Saint Vincent et qu’on a mis le cap a l’ouest, il fallait que l’on contourne un anticyclone. Chacun a mis l’angle qui pensait être le bon pour pouvoir passer une zone de transition foireuse avant de retrouver du vent de sud-ouest. Sachant qu’au moment de faire le choix d’option, cette zone de transition se trouvait à plusieurs jours de navigation, ce n’était pas vraiment pas évident de trouver la bonne nuance de décalage.
Au final, ce qui s’est passé… c’est qu’il ne s’est à peu près rien passé. Dans la zone de transition on n’a aucun outil pour se placer, aucun fichier précis, c’est la loterie. Des fois, à quelques milles près de décalage nord-sud tu n’as pas du tout le même vent, des grains passant dans tous les sens. Le groupe du milieu qui était le groupe de tête s’est arrêté plus longtemps que nous, les sudistes. Cela a fait un regroupement général. J’ai même appelé Charlie Dalin et Nicolas Lunven à la VHF en leur demandant de reculer de 200 mètres pour qu’on soit tous parfaitement alignés sur un axe nord-sud… Cela aurait fait joli sur la carte !

Dans l’opération, tu as été le grand gagnant ?
Si l’on part du passage du Cap Saint-Vincent où j’étais septième, on peut dire cela. Ensuite j’ai perdu un peu de terrain : j’ai trainé un truc dans la quille pendant au moins une nuit… un petit truc que tu vois pas, qui te met le doute et te ralentit. Quand je l’ai enlevé, je suis revenu fort sur Gildas et Xavier. Puis, dans la zone de transition, j’ai eu plutôt de la réussite. Nous sommes ressortis de là à égalité, sauf que ceux du nord repartaient avant, au fur et à mesure… Puis j’ai remonté, Xavier Macaire, Anthony Marchand, jusqu’à Seb Simon…

Sur le final on a eu droit à un suspense grandiose. Tu as flirté avec le podium à l’arrivée…
A 1h30 de l’arrivée je reprends la troisième place à Seb pour quelques mètres. Malheureusement, il a réussi à me doubler sur la ligne. Les conditions étaient un peu complexes : il y a une presqu’ile assez haute qui fait d’abord un dévent puis après, entre cette presqu’ile et Horta, dans l’axe du port, se trouve une vallée avec un écoulement où le vent rentre de manière aléatoire, perturbé, assez fort. Il suffit de voir l’arrivée de Charlie Dalin, un peu acrobatique !
Je n’ai pas non plus bien défendu ma position. Je rends la troisième place à Seb bêtement… Mais bon, 24 heures avant je me demandais si j’allais pourvoir faire un top 5 !

Vu l’écart de temps à l’arrivée (le classement final se joue au cumul de temps), vous repartirez vers Douarnenez comme si rien ne s’était passé ?
A part Nicolas Lunven et Charlie Dalin qui ont un petit matelas d’avance – plus d’une heure -, dans le groupe du troisième au sixième, je pense qu’il y avait plus d’écart dans le raz de sein qu’à l’arrivée. En Figaro, que l’on fasse une régate de 20, 200 ou 1200 milles, on finit toujours dans un mouchoir de poche ! Tout est donc jouable, une fois de plus, jusqu’au bout.

Samedi, c’est le départ de la deuxième étape: qu’as tu au menu des prochain jours ?
Me reposer, ranger le bateau, réparer… Je n’ai pas eu de casse, mais il y a quelques bricoles à faire, telles que réviser un winch ou vérifier des petites choses de cet ordre là. Et comme j’ai pas mon Simon je vais devoir le faire moi-même ! Concrètement, il faudra que mercredi soir tout soit prêt pour pouvoir me replonger dans la météo dès jeudi…

 

Author: Corentin-admin

Leave a Comment