« Etre dans le sud ça me va bien »

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Sur la Douarnenez Horta Solo, la route vers les Açores est loin d’être rectiligne. Après le passage des portes imposées par la direction de course pour éviter de croiser le cyclone Gaston, c’est l’heure des nuances fines, des placements, des décalages qui permettront de toucher un peu plus de vent que les autres. Et donc de prendre les commandes de la flotte… Attention, régate de haut vol en cours pour Sofinther – Un Maillot pour la Vie.

« Un début de course assez engagé », c’est comme ça que le résume Corentin. Et c’est peu de le dire. Dans les premières 48 heures de navigation après le départ sous le soleil finistérien, les solitaires ont successivement eu du vent fort, puis très fort – jusqu’à 37 noeuds – obligeant à manoeuvrer de nuit. Le tout avec un rythme soutenu dans la flotte de haut niveau.
Naviguer en bon marin, avoir anticipé le coup de vent aux abords de la pointe espagnole, avoir dormi suffisamment quand les conditions l’autorisaient, ont permis de maintenir le bateau et le bonhomme dans un état optimal. Même s’il ne pointe pas comme leader, Sofinther – Un Maillot pour la Vie a toujours évolué dans le bon paquet.
Donc, tout va bien à bord pour Corentin. Pas de casse matériel, rien à signaler. Il y a bien eu des problèmes d’accommodation pour la réception des fichiers via l’Irridium, mais tout est rentré dans l’ordre.

Un parcours allongé

A la porte donnée avant le départ obligeant la flotte à longer les côtes espagnoles, en a été ajoutée une autre dans l’ouest du Cap Saint Vincent. Les marins devront également contourner l’archipel des Açores par le sud avant de rallier Horta. Un sage décision qui permettra de « faire perdre un peu de temps, rallonger un peu la route pour que l’on n’arrive pas aux Açores sur la fin de Gaston ».
Certes l’étape va être plus longue, mais Corentin a de quoi se nourrir et rester au sec pour aller jusqu’au bout. Il risque juste de se retrouver « en panne de sopalin » !

Une inflexion vers le sud

Au passage de la deuxième porte portugaise, il a fait le choix de ne pas suivre la route directe et de se décaler légèrement dans le sud. Pas de grandes manoeuvres, pas de choix stratégique radical, juste une nuance qui pourrait lui permettre de repasser devant ses compagnons de jeu. L’objectif de l’opération ? Se décoller de la cellule anticyclonique et être moins prêt de l’axe de la dorsale, afin de récupérer plus de vent. En d’autres termes, en infléchissant sa route Corentin espère ne pas se retrouver dans le dévent de l’anticyclone… des Açores !

La solitude se fait parfois ressentir, même si les marins communiquent régulièrement entre eux. Un monde à part, un peu déconnecté, comme le dit lui-même Corentin : « J’ai dézoommé la carte de mon écran : en fait c’est un grand voyage ! On est tellement rivés sur le positionnement des adversaires qu’on en oublie parfois qu’on est aussi loin ». Alors il savoure aussi ces instants de mer : une baleine, un coucher de soleil, la chaleur du sud…

Un finish intense

Demain une zone de transition est attendue par les marins. Ils vont en finir avec ce long bord de tribord qui aura duré près de trois jours et repartir sur l’autre amure – en récupérant le vent de Sud Ouest lié à Gaston – pour un finish intense.
L’heure de compter les points ? En tout cas à presque 500 milles de l’arrivée, rien n’est encore joué et c’est à se demander si le plus passionnant de la course ne reste pas à venir. Il faudra surveiller les vitesses des concurrents pour savoir qui arrivera à s’extirper au plus vite de la baisse de régime de vent et s’échapper vers les Açores.

Author: Corentin-admin

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