« La nuit, toutes les quilles sont noires »

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Huitième de la Solo Concarneau. Corentin n’était pas venu pour faire ce résultat. Il est forcement déçu. Pour autant il a bataillé. Mais de ce classement il a tout de même validé un certains nombre d’éléments et allongé sa liste de travail pour les semaines à venir. Retour d’ici là sur ces 46 heures de course…

Des premiers mots qui ressortent sur les pontons, c’est la froideur de la nuit qui a le dessus. Les conditions de course étaient difficiles ?

Oui, comme on s’y attendait au mois de mars, il peut faire froid. Il a fait froid. On avait beau empiler les couches de polaire, le froid passait au travers. On a eu des conditions très variées – comme prévu -, entre 0 et 29 nœuds sur l’ensemble de la course. On a eu toutes les allures. C’était plutôt intéressant et un bon entrainement.

Revenons sur la course étape par étape. Tu as fait un départ un peu précoce et une remontée spectaculaire ?

J’ai volé le départ, ce qui veut dire qu’au moment du top départ j’étais au delà de la ligne. Dans ce cas il faut revenir la passer. Et donc je me suis retrouvé derrière – je n’étais pas le seul – ceux qui étaient déjà lancés. Pour autant, à la pointe de Penmarch, 3 heures après le départ, j’avais réussi à remonter à la 5ème place.

De toute la remontée vers Ouessant et jusqu’aux Glénans il n’y avait pas de coup tactique à faire, ce n’était que de la vitesse. Ca ne s’est pas trop mal passé même si je n’ai pas réussi à combler l’écart avec les quatre premiers. Au passage de la bouée des Glénans le vendredi midi, Yoann (Richomme) m’avait même gentiment laissé la quatrième place en se trompant de côté en passant une bouée.

Derrière Yoann fait un coup incroyable, vu de la terre c’était parfait. Pourquoi tu ne l’as pas suivi ?

En partant tout seul pour une option à terre, Yoann a pris des risques et cela a payé. Mais j’avais dit que je n’en prendrais pas, comme sur une première étape de la Solitaire. Dans ce type de condition avec le vent très faible, les prévisions météo restent aléatoires surtout à une échelle aussi locale. Comme dans ce cas il est difficile d’avoir une stratégie très claire par rapport au vent, le moins risqué est de ne pas créer trop d’écart avec les adversaires. Et comme l’objectif sur cette épreuve était de rester au contact et de travailler la vitesse, je n’ai pas voulu partir tout seul dans mon coin. On était sur le bord rapprochant (c’est à dire le plus proche de la route directe) et ça avançait pas si mal… au début.

La dernière nuit tu perds quelques place, que s’est-il passé ?

Entre l’ile d’Yeu et Belle-île, pendant un long moment, j’ai été lent. J’ai perdu du terrain sur les adversaires, et même trois places. La seule explication qui paraisse rationnel à ce déficit de vitesse est que j’avais quelque chose dans la quille et que j’ai mis longtemps à m’en débarrasser. Et comme la nuit toutes les quilles blanches sont noires on ne voit pas si il y a quelques chose dedans : j’ai eu beau utiliser toutes les différentes techniques corde à nœud, départ au lof, marche arrière… J’ai mis du temps à m’en débarrasser. Cela a fini par arriver parce qu’après Belle-île les écarts avec les concurrents étaient stabilisés. Mais le mal était fait.

Maintenant il faut donc rebondir. Quel est ton programme pour la suite ?

On va sortir le bateau de l’eau pour un check-up complet avant de l’emmener aux Sables d’Olonne pour la Solo Maître Coq mi-avril. Pendant ce temps je vais aller régater en équipage à Marseille pour travailler les départs, intensifier ma préparation physique, faire une formation météo avec Jean Yves Bernot, et partir quelques jours dans le Solent près de Cowes repérer les lieux pour la Solitaire.

Image de Bernard Gergaud

Author: Corentin-admin

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